fachoda
le temps est matière, je le sens quand il passe, chaque instant, je le sens quand il me flagelle, me mutile, il est matière, solide et dense
il brûle à présent, comme des braises besognes, le temps méchant, sournois il crame, dans les flammes je feins froideur, (dans ma bouche se faufilent quelques gouttes de sueur)
le temps est lourd, je le sens peser, sur mes épaules, il pue la mort, il pèse des tonnes, le temps est dur, est immobile, immuable
le jour s’approche et les jours ne servent plus à rien, le temps courbe mon échine, il m’assujettit, je suis à lui, mon corps se fane, je suis à lui
le temps sèche le fleuve qui le dérange tellement, le temps veut s’emparer du nil, le temps me chevauche à la cravache, sa bride d’enfer m’écorche la jugulaire