11 mars 222

ils sont à la porte, les entends-tu?

ils sont forcenés, les imbéciles

de quoi me reprochent-ils, dis!

vois-tu, mon cocher, vois-tu

que nous faisons face à présent

à un point de non retour

dans l’histoire de l’humanité

désormais,une fois défoncée cette porte

le faux l’emportera sur le vrai

le chaos déguisé d’ordre monolithique

prendra le dessus, détournant

le flot ordonné de mon anarchie

comprends-tu, mon amant, comprends-tu

que dorénavant un seul nom

servira à nommer des choses différentes

tandis que la différence

sera toujours hors la loi

hiéroclès, je ne serai plus ta reine

ni ton roi

parce qu’une fois tranchée ma tête

l’homme ne sera qu’un homme

et la femme ne sera plus rien

mes commensaux, observez!

avec quel acharnement

m’attaquent les prétoriens

c’est leurs désirs clandestins

qu’ils assomment, voyez-vous

ils mettront fin aux guerres d’effigies

et les guerres seront furieuses,

inexpiables et sans merci

alors que dans le fond

tout ce dont ils auront envie

ce seront les guerres de viande,

comme l’étaient mes orgies

regardez! ils m’attellent à un char

ils me traînent par les rues

est-ce moi le fou, le barbare?

roma delenda est!

mon idolâtrie qu’ils abominent

donnera lieu à leur dévotion

à des croix, à des couronnes d’épines

aux moeurs et à la sévérité

thanatos triomphe intronisé!

éros ne tient plus debout

marcus aurelius antoninus est jeté aux égoûts

varius avitus bassianus est mort

mais en bon sol invictus

je reviendrai encore plus fort

moi, héliogabale, et tous les êtres abhorrés

dans les fous rires aux couleurs de péchés

dans les orgasmes de garçons sodomisés

je

renaîtrai