enfantines offrandes
je lui donnais toujours des lettres,
des poèmes et des extraits de chansons
comme d’enfantines offrandes à un dieu insoucieux
je l’imaginais en train de les lire
dans une indifférence teintée de pitié
sans pouvoir s’empêcher de trouver ça ridicule
à raison
.
mais je les lui écrivais quand même
toutes ces lettres, ces poèmes
et ces paroles de chansons
enfantines offrandes à un dieu insoucieux
tentatives éperdues d’échapper à l’oubli
par la recherche du mot juste,
car si le mot juste le touche
qui sait, pour lui
j’existerais enfin