September 2011
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warm beer and cigarettes
Your mouth tasted like
warm beer and cigarettes
and I couldn’t help feeling sad
every time you came close to me
searching for inebriated
carnal touch.
I slipped away but finally gave in
and as we kissed I wondered
what kind of poem would this moment give birth to?
would it be a joyful description of a happy day
ending in tragedy, like Tarkovsky would do?
or rather a...
in hora mortis meæ voca me
à l’heure de ma mort
toutes les belles choses
et la beauté elle-même
viendront défiler devant mes yeux
.
j’aurai alors toute la sérénité requise
pour les apprécier telles qu’elles sont
et émerveillé j’exclamerai
mais où étiez-vous toute ma vie?
à quoi elles répondront
nous étions là, ne nous as-tu pas vues?
.
ah, non, dirai-je
pas de cette façon, non
je me...
January 2011
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enfantines offrandes
je lui donnais toujours des lettres,
des poèmes et des extraits de chansons
comme d’enfantines offrandes à un dieu insoucieux
je l’imaginais en train de les lire
dans une indifférence teintée de pitié
sans pouvoir s’empêcher de trouver ça ridicule
à raison
.
mais je les lui écrivais quand même
toutes ces lettres, ces poèmes
et ces paroles de chansons
enfantines...
les amants morts
les amants morts
ensevelis sous les décombres
me tiennent par la cheville
et m’empêchent de marcher
.
les amants morts
colonisent ma gorge
se cachent sous mon lit
m’envahissent le repos
lessive lascive
la maison est à nous
et nous sommes tout nus
dans le lit, dans la salle
à manger
nous discutons dans la chambre
à coucher
je te suce sur la machine
à laver
.
sous ce plafond plus vaste
plus illimité que le ciel
October 2010
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tu n'es qu'une rue
observe-moi, rue de charenton, pendant que je tourne le dos à celui que j’aime, à celui qui a réveillé en moi des torrents longtemps retenus, aux mystères qui se pointent dans la vie, à l’inattendu, et que je me dirige vers la gare de lyon.
je te monte, rue de charenton, à larges pas, derrière-moi la station bastille s’éloigne, là où je l’ai embrassé une dernière fois et...
August 2010
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k
deux mots échangés,
et il saute aux yeux:
je t’ai perdu quelque part
entre le fétiche
et la plus-value.
le capital nous a conquis
tandis qu’en toute fadeur
insouciance et solitude
j’ondoyais
égaré dans ma poursuite
d’une vie moins indo-européenne
fachoda
le temps est matière, je le sens quand il passe, chaque instant, je le sens quand il me flagelle, me mutile, il est matière, solide et dense
il brûle à présent, comme des braises besognes, le temps méchant, sournois il crame, dans les flammes je feins froideur, (dans ma bouche se faufilent quelques gouttes de sueur)
le temps est lourd, je le sens peser, sur mes épaules, il pue la mort, il pèse...
June 2010
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pidgin pagaille
derrière mon récit mezzo hystérique
se dérobait la peur pure et simple
shou bkhaf ana, shou bkhaf
mais tu ne sus pas déchiffrer
mon pidgin pagaille
mes phonèmes sont pour toi étrangers.
tu fus hautain,
avec tes sons sensés bien enchaînés
et enragé je dis adieu,
plutôt la mort que l’éloquence
byerouth
The day was dark as never before, and a storm had been raging for hours.
He finished packing, struggling to close his over-filled suitcase, on the way to the airport he could see the sea. His heart was aching, just like he predicted.
May 2010
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brasa
la chair est rouge
dans ces années charnières
où tout chavire
et autour de moi, vautours
se vautrent à la puanteur
de la charogne lazarienne
.
au-dessous de l’équateur
le péché est de plus belle roi
l’échafaud fait la loi
nul espoir, tout est foi
la chaleur qui ne cesse
qu’à coups de larmes épars
.
embrase-moi, m’as-tu dit
loin des salles climatisées
...
April 2010
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printemps inachevés
non, ne t’inquiètes pas
je vais rentrer chez-moi
je sais quoi faire
j’en ai pris l’habitude
.
mes aveux et mes sourires
je les avalerai
contre leur venin
je me suis déjà immunisé.
mon corps désireux de tendresse
je l’enroberai
d’un duvet bleu givré
et je m’allongerai
pour élaguer
l’amour naissant, ce bourgeon effronté
qui osa pousser
au...
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eyjafjallajökull, mon amour
oh eyjafjallajökull, you’re so hot
i’m in love, who would have thought
with a volcano, that goes boom
struting his sensual mantle plume
some may want you to die
you’ve put the world on stand by
but me i want to be your lover
so fill me, fill me with your lava
björk and sigur ros might as well quit
cause you’re iceland’s new hot shit
when you still wanted to fuck me
you used to say you liked my writing
but that was back in the days
when you still wanted
to fuck me
March 2010
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bremmana
‘enfin’
‘oui, c’est pas trop tôt…’
tes mains frôlent mon dos
et nos poils se hérissent par le froid
qu’il fait en kanoun el tani
à broummana
géophage
proie facile pour l’ennui
je suis à brasilia et je pense à tout ce qui n’est pas
brasilia
.
journée à peine entamée et j’écroule.
au bout du rouleau
je frémis, je me tortille
les yeux clos, le même tableau
se faufile
dans mes rêves
dans mes rêves
cauchemar récurrent:
.
je suis à beyrouth
devant bourj al mourr
ses fenêtres, comme autant de bouches béantes
...
February 2010
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hikikomori
comme des bolides
inaperçus
les jours
sans soleil
sans sourires
passent
devant
un écran
rayonnant l’ennui
.
demain sera un autre jour
demain arrive
et qui en doutait?
demain, l’espoir et l’horizon,
demain, encore
un jour perdu
December 2009
8 posts
11 mars 222
ils sont à la porte, les entends-tu?
ils sont forcenés, les imbéciles
de quoi me reprochent-ils, dis!
vois-tu, mon cocher, vois-tu
que nous faisons face à présent
à un point de non retour
dans l’histoire de l’humanité
désormais,une fois défoncée cette porte
le faux l’emportera sur le vrai
le chaos déguisé d’ordre monolithique
prendra le dessus, détournant
le flot...
abáñeenga
quand je suis avec toi
j’oublie tous les temps verbaux
et je développe l’improbable capacité
de penser à l’infinitif
halla2 baddé koun kalbak
maintenant que les jours
de jeter des pierres
contre des chars de combat
appartiennent au passé
et que le fou
avec le rasoir dans la main
nous a déjà tous égorgés
maintenant que la pluie a cessé
et que nous sommes noyés
maintenant que je suis épuisé
et que dans ces
intifadas journalières
oh! combien de fois ai-je été
les forces d’occupation,
le corrompu
.
maintenant qu’il n’est...
bé i zed
je te dis
‘je t’embrasse’
tu me réponds
bé i zed
iwishyouwouldfallinlovewithme
oh that bottle of wine i bought to share with you
i drank it all by myself
eating a microwave heated
vegetarian carbonara
for one.
das sexleben des gregor samsa
cloué au sol je sens quelque chose
chatouiller mon mollet gauche
et doucement grimper sur ma jambe
avec ses pattes minces
et son corps visqueux
.
ach!
quelle horreur!
j’ai été pris pour partenaire
d’un vilain cafard
mais immobile je ne peux que dire
‘viens, je t’ouv’ mes bras
viens, que je veux voir
ta bite de blatte
le dessous de ton exosquelette
ton...
tellak
ah cela fait une éternité
que tu me fis ton captif
tu me créas, me modelas à ton goût
me voilà échanson maudit d’un terrible sultan
condamné à la forme d’éternel garçon
me voilà privé des rites de passage
qui bâtissent les hommes, les véritables
me voilà serviable, souriant et docile
ma peau est douce, mes cheveux soyeux
et de mes lèvres de miel on n’entend
que des...
October 2009
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marsiho
La mer est bleue aux calanques
Le soleil cogne, c’est le cagnard
Avec l’accent, je vous prie
On dirait les Antilles, mais, bien sûr,
Nous sommes à Marseille
On commence la soirée, place Castellane
Un groupe de juifs à la trentaine
De ceux qui ne couchent qu’après le mariage
Et qui ne se marient qu’entre eux
Des séfarades, bien sûr,
Nous sommes à Marseille
Nous leur disons au revoir
Et...
sardinnia
“n’allez pas si loin, monsieur!”
me criait un gamin sur la plage
“c’est trop profond!”
à ce point-là je ne comprenais plus rien
“mi dispiace, non parlo italiano,
je suis désolé, je ne parle pas français,
i don’t speak english y no hablo español,
nada de português, ich kann kein Deutsch,
و لآ أتكلم العربية
я по русски не говорю,...
génitif
ça glissait doucement
et puis un peu plus fort, violent
il s’imposait, s’enfonçait
il glissait comme s’il avait
toujours été là
comme si nous étions nés
enchevêtrés
l’un sur l’autre,
l’un dans l’autre,
l’un sous l’autre
positions éternelles
et moi, je m’éblouissais
en croyant que la perfection
de ces mouvements là
était due...
INTIFADO
je suis revenu.
la révolte de l’intifada
attendrie par le chagrin du fado.
le corps qui brûle comme un cocktail molotov
et la voix qui gémit tel une mandoline.
la haine et la mélancolie, la furie
je déclare fondée la nouvelle andalousie.
et te voilà furieux!