warm beer and cigarettes
Your mouth tasted like warm beer and cigarettes and I couldn’t help feeling sad every time you came close to me searching for inebriated carnal touch. I slipped away but finally gave in and as we kissed I wondered what kind of poem would this moment give birth to? would it be a joyful description of a happy day ending in tragedy, like Tarkovsky would do? or rather a kavafian blend of desire and nostalgia ως ταιριαζα πολυ? but your mouth tasted bitter like warm beer and cigarettes and nauseated I unraveled my body from your body deciding that whatever poem would sprout I was not willing to write it.
in hora mortis meæ voca me
à l’heure de ma mort
toutes les belles choses
et la beauté elle-même
viendront défiler devant mes yeux
.
j’aurai alors toute la sérénité requise
pour les apprécier telles qu’elles sont
et émerveillé j’exclamerai
mais où étiez-vous toute ma vie?
à quoi elles répondront
nous étions là, ne nous as-tu pas vues?
.
ah, non, dirai-je
pas de cette façon, non
je me suis caché de vous, je crois,
un peu pour rire
un peu pour ne pas mourir
enfantines offrandes
je lui donnais toujours des lettres,
des poèmes et des extraits de chansons
comme d’enfantines offrandes à un dieu insoucieux
je l’imaginais en train de les lire
dans une indifférence teintée de pitié
sans pouvoir s’empêcher de trouver ça ridicule
à raison
.
mais je les lui écrivais quand même
toutes ces lettres, ces poèmes
et ces paroles de chansons
enfantines offrandes à un dieu insoucieux
tentatives éperdues d’échapper à l’oubli
par la recherche du mot juste,
car si le mot juste le touche
qui sait, pour lui
j’existerais enfin
les amants morts
les amants morts
ensevelis sous les décombres
me tiennent par la cheville
et m’empêchent de marcher
.
les amants morts
colonisent ma gorge
se cachent sous mon lit
m’envahissent le repos
lessive lascive
la maison est à nous
et nous sommes tout nus
dans le lit, dans la salle
à manger
nous discutons dans la chambre
à coucher
je te suce sur la machine
à laver
.
sous ce plafond plus vaste
plus illimité que le ciel
tu n’es qu’une rue
observe-moi, rue de charenton, pendant que je tourne le dos à celui que j’aime, à celui qui a réveillé en moi des torrents longtemps retenus, aux mystères qui se pointent dans la vie, à l’inattendu, et que je me dirige vers la gare de lyon.
je te monte, rue de charenton, à larges pas, derrière-moi la station bastille s’éloigne, là où je l’ai embrassé une dernière fois et sans le regarder dans les yeux je suis parti en courant, j’ai regagné la surface et j’ai soufflé, et j’ai pris la route de tes trottoirs insignifiants, rue de charenton.
tu n’as rien de spécial, rue de charenton, la douleur qui crie dans mon coeur se mêle à des remarques mentales sur ton manque d’appas. Un petit restaurant libanais, ça n’a pas l’air très bon, non, une boucherie halal avec une vache qui montre sont derrière dessinée sur la porte, c’est affreux, et il était là, j’étais dans ses bras, je l’ai poussé et je suis parti en courant, sans lui dire mot à part un “à bientôt” essoufflé.
bientôt ne viendra jamais, rue de charenton. en marchant j’imagine la suite: séparés par un océan, nous nous écrirons encore quelques fois, les écarts de plus en plus longs - désolé de t’avoir pas écrit avant, tu sais, j’étais très occupé, ne m’en veux pas. nous avalerons à compte-gouttes l’oubli.
je t’entends rire, rue de charenton, à me voir détourner mon chemin subitement, et je cours vers la station, la station bastille, presque inconsciemment. tu ris parce que tu sais, rue de charenton, qu’il est parti, que mon effort est inutile, mais je descends les escaliers et je regarde le vide au delà des portillons d’accès - sans lui, je peux dire adieu et remonte, ça me suffit.
je te sens cruelle, rue de charenton, quand tu te moques de mes larmes - je les laisse néanmoins couler sans honte, et peu m’importe si tu es le témoin de ma maladresse, si mes états d’âme te font sourire: tu n’es qu’une rue et j’ai un train à prendre, rue de charenton, j’ai un train à prendre.
k
deux mots échangés,
et il saute aux yeux:
je t’ai perdu quelque part
entre le fétiche
et la plus-value.
le capital nous a conquis
tandis qu’en toute fadeur
insouciance et solitude
j’ondoyais
égaré dans ma poursuite
d’une vie moins indo-européenne
fachoda
le temps est matière, je le sens quand il passe, chaque instant, je le sens quand il me flagelle, me mutile, il est matière, solide et dense
il brûle à présent, comme des braises besognes, le temps méchant, sournois il crame, dans les flammes je feins froideur, (dans ma bouche se faufilent quelques gouttes de sueur)
le temps est lourd, je le sens peser, sur mes épaules, il pue la mort, il pèse des tonnes, le temps est dur, est immobile, immuable
le jour s’approche et les jours ne servent plus à rien, le temps courbe mon échine, il m’assujettit, je suis à lui, mon corps se fane, je suis à lui
le temps sèche le fleuve qui le dérange tellement, le temps veut s’emparer du nil, le temps me chevauche à la cravache, sa bride d’enfer m’écorche la jugulaire
pidgin pagaille
derrière mon récit mezzo hystérique
se dérobait la peur pure et simple
shou bkhaf ana, shou bkhaf
mais tu ne sus pas déchiffrer
mon pidgin pagaille
mes phonèmes sont pour toi étrangers.
tu fus hautain,
avec tes sons sensés bien enchaînés
et enragé je dis adieu,
plutôt la mort que l’éloquence
byerouth
The day was dark as never before, and a storm had been raging for hours.
He finished packing, struggling to close his over-filled suitcase, on the way to the airport he could see the sea. His heart was aching, just like he predicted.